T’as pas du sucre ? Non, mais de l’homéopathie !

Qui n’a jamais pris d’Arnica après avoir fait une chute ? 56% des français ont déjà pris de l’homéopathie et 36% en consomment régulièrement. Et 25% des médecins généralistes en prescriraient. La France est d’ailleurs un des pays les plus consommateurs et producteurs d’homéopathie. Mais comment ça fonctionne et est-ce réellement efficace ?! Pourquoi sera-t-elle déremboursée en 2021 ? On vous dit tout sur l’homéopathie !

Principe

L’homéopathie du grec hómoios, « similaire » et páthos, « souffrance » ou « maladie » est une médecine alternative basée sur le principe de similitude : le patient prend une substance diluée qui, si elle était administrée sans dilution à une personne en bonne santé provoquerait les mêmes symptômes que la maladie. Aussi étonnant que cela puisse paraître, cette même substance diluée apaiserait les symptômes d’une personne malade.

Ce principe de similitude a été découvert par Hippocrate et utilisé à profit par le médecin allemand Samuel Christian Hahnemann.

L’homéopathie utilise des substances d’origine végétale, animale (venin de serpents, abeilles, encre de seiche, calcaire d’huitres, etc.), minérale ou chimique (graphite, soufre, mercure).

Le médecin peut prescrire les médicaments homéopathiques en cas de maladie « aigüe », c’est-à-dire pour traiter une maladie qui survient brutalement et de manière occasionnelle. Le traitement s’étend alors de quelques heures à quelques jours.

Pour certaines maladies chroniques ou récidivantes, c’est-à-dire qui reviennent régulièrement (exemple : allergie aux pollens, migraines, rhumatismes, herpès, …), le médecin prescrit un traitement sur une période plus longue : il cherche à faire diminuer, voire disparaitre, le nombre, la durée et l’intensité des crises.

 

Que sont les CH et les DH ?

Il existe 2 grandes méthodes de dilution.

Tout d’abord on broie la substance initiale pour la réduire en poudre. On la mélange ensuite à un solvant (qui est un mélange d’alcool et d’eau) en proportion différente selon le mode de dilution. Pour les matières premières non solubles, la trituration (poudre) sera préférée.

La dilution Centésimale Hahnemannienne (CH) consiste à diluer une dose de substance active avec 99 doses de solvant neutre. La solution obtenue suit ensuite une étape de dynamisation où elle est fortement agitée, pour obtenir le premier niveau de dilution, soit 1 CH. L’opération pourra être renouvelée avec une dose de 1 CH et 99 doses de solvant pour l’élaboration d’une dilution 2 CH, et ainsi de suite jusqu’à 30 CH, dilution maximale autorisée en France. Ainsi une dilution de 1 CH est une dilution au centième et plus le nombre de CH est important, plus cela signifie que la solution est diluée.

La dilution Décimale Hahnemannienne (DH) vient du même processus sauf que l’on modifie la concentration des principes actifs : une dose de principe actif est utilisée pour 9 doses de solvant. Il s’agit donc d’une dilution au dixième.

Ainsi il y a relativement peu de principe actif dans une préparation homéopathique.

Quelques comparatifs amusants à présent :

  • 4 CH = une goutte de la substance de produit actif initial dans une piscine de jardin,
  • 5 CH = une goutte de cette même substance dans une piscine olympique,
  • 6 CH = une goutte dans un étang de 250 m de diamètre,
  • 7 CH = une goutte dans un petit lac,
  • 8 CH = une goutte dans une grand lac de 10 km² par 20 m de profondeur,
  • 9 CH = une goutte dans un très grand lac de 200 km² par 50 m de profondeur,
  • 10 CH = une goutte dans la Baie d’Hudson,
  • 11 CH = une goutte dans la mer Méditerranée,
  • 12 CH = une goutte dans tous les océans de la planète,
  • 30 CH = une goutte dans un milliard de milliard de milliard de milliard de fois toute l’eau de tous les océans de la planète.

C’est donc très très très très très très très dilué…

Quelques souches à connaître

Vous pouvez obtenir de l’homéopathie sans ordonnance en pharmacie puisqu’étant très diluée, l’homéopathie conviendrait à tous (enfants comme personnes âgées). Attention tout de même aux diabétiques qui doivent diminuer leur consommation de sucre car les granules contiennent énormément de sucre.

Voici les bases à connaître si vous êtes adeptes de cette médecine alternative :

  • Arnica montana : utilisée principalement en cas de chute, choc, fatigue et douleurs musculaires, …
  • Apis mellifica : affections cutanées (œdèmes, brûlures), oculaires, de la sphère ORL (oreilles, nez et gorge), troubles articulaires et circulatoires, …
  • Cocculine : pour le mal des transports
  • Cuprum metallicum : diarrhées, coliques, hoquet mais aussi spasmes, crampes nocturnes, toux et convulsions, …
  • Geslsemium : pour traiter le stress avant un examen
  • Ignatia amara : pour lutter contre l’anxiété
  • Kalium bichromicum : aphtes, douleurs abdominales, rhume, sinusites, leucorrhées (écoulements blanchâtres du vagin), talalgies (douleur au talon), lumbagos (douleur au niveau du bas de la colonne vertébrale), tendinites, ulcères, eczémas, impétigos (infection bactérienne de la peau qui forme des croutes ou des bulles sur la peau), céphalées et migraines.
  • Oscillococcinum : pour les états grippaux
  • Nux vomica : constipation, crampes abdominales, nausées, gastro, vomissements et gueule de bois

 

Pourquoi a-t-elle été déremboursée ?

Emmanuel Macron a autorisé le déremboursement de l’homéopathie le 9 juillet dernier. Le déremboursement total par la Sécurité Sociale de cette médecine alternative prendra effet à partir de 2021. D’ici là, le remboursement, qui était auparavant de 30%, passera à 15%. En effet, le gouvernement a souhaité laisser un peu de temps aux industriels pour s’adapter au déremboursement des 1 200 médicaments homéopathiques.

Quelle est donc la raison de ce déremboursement ? Car son efficacité n’est pas scientifiquement prouvée !

La ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, a suivi l’avis adopté par la commission de la transparence de la Haute Autorité de santé (HAS) le 26 juin. Cette commission a examiné près de trois cents études pour émettre son verdict.

Les études cliniques conduites sur un grand nombre de patients ont montré que l’homéopathie ne présente aucune efficacité supérieure à l’effet placebo. Ceci est valable pour toutes les maladies. On rappelle que l’effet placebo est un processus psychologique et physiologique consistant à penser que le traitement est efficace. Ceci a une incidence positive sur l’évolution de la maladie. Ainsi les effets de l’homéopathie sont dus à l’effet placebo et à l’évolution naturelle de la maladie (notre organisme finit par vaincre la maladie naturellement au bout de quelques jours).

Certaines études exposent cependant une efficacité significative, mais de multiples revues suggèrent que ces cas exceptionnels sont de faux positifs ou dus à des méthodes de recherche discutables.

Il est donc préférable de prendre un médicament dit allopathique (qui produit des effets contraires à ceux de la maladie) qui a une efficacité prouvée, contrairement à l’homéopathie. A noter que le CEESP (commission de la HAS chargée de l’évaluation économique des médicaments en vue de leur remboursement) attribue un remboursement si le médicament a une efficacité prouvée par rapport aux médicaments préexistants sur le marché. Plus cette efficacité est importante, plus le taux de remboursement est élevé. Ainsi, le taux de remboursement des médicaments évolue au cours du temps en fonction des connaissances de la science et des nouveaux médicaments.

Le problème de l’homéopathie est qu’elle engendre parfois un retard de prise en charge appropriée.

 

Vous savez désormais tout sur l’homéopathie ! Malgré son futur déremboursement, il sera toujours possible de s’en procurer en pharmacie. Mais n’oubliez pas que l’efficacité de l’homéopathie repose uniquement sur l’effet placebo, il est donc préférable d’utiliser des médicaments allopathiques.