Hippocr@te 3.0 – Episode 5 : L’examen clinique est mort, vive l’examen clinique !

« Le changement, c’est maintenant ! » #baselinedeouf ! Sauf que dans l’univers de la santé, c’est absolument vrai. Tout va extrêmement vite et notamment sur les outils permettant la prise en charge du patient. Ainsi, depuis le 15 Septembre 2018, la CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie) a validé, dans un texte appelé avenant-6, le remboursement de la téléconsultation. Alors, avancée pour la société ou ouverture de la boîte de pandore ? Difficile à dire pour le moment. Mais ce qui est certain c’est que cette ouverture vers une pratique d’un nouveau genre ne sera pas la panacée tant attendue. Et surtout, qu’au contraire de ce que l’on peut lire parfois, elle n’enterre pas la pratique de la médecine telle que nous la connaissons, mais bien au contraire, la valorise.

Prenons Léa, une jeune médecin généraliste tout droit issu de la Génération-Y (née entre 1980 et 1999) qui a terminé ses études de médecine il y a deux ans. Comme l’immense majorité des consœurs et confrères de sa génération, elle n’est pas encore installée et ne le fera pas avant plusieurs années. Comme eux, elle recherche avant tout de la flexibilité et de la liberté dans son exercice au quotidien. Comme eux, elle est pour le moment remplaçante et jongle entre deux et trois cabinets. Léa a vu l’arrivée de la télémédecine et souhaite tester ce nouveau mode d’exercice. D’ailleurs, elle fait un test ce soir.

Premier patient : Gabriel, 6 ans, 38.2° de fièvre et une douleur lancinante à l’oreille gauche. Sa mère lui dit qu’il fait souvent des otites et que leur médecin traitant lui donne habituellement des antibiotiques… « l’amoxi-quelquechose ». Mais Léa ne peut pas regarder dans l’oreille de Gabriel. Prendra-t-elle le risque de prescrire des antibiotiques sans pouvoir conclure médicalement ?

Deuxième patient : Thierry, 37 ans, consulte pour un mal de gorge carabiné : « C’est une angine docteur, j’en suis persuadé ! ». Mais derrière son écran, Léa ne peut pas faire son TDR (Test de Diagnostic Rapide) au cours duquel on vient frotter un petit bout de coton sur les amygdales des patients. Et si c’était un phlegmon amygdalien !?!? Aie… Comment savoir… ?

Troisième patient : Charlotte, 12 ans, 39,3° de fièvre avec de fortes douleurs abdominales. Elle ne vomit pas et n’a pas de diarrhée. D’ailleurs, elle n’a pas été à la selle depuis hier. Et ce n’est pas l’appendicite puisqu’elle en a déjà été opérée il y a 2 ans. Mais ne pourrait-elle pas avoir une occlusion sur bride ? Ce qui nécessiterait une prise en charge chirurgicale en urgence…

Ces trois cas cliniques peuvent ne relever d’aucunes pathologies graves, mais il se peut que ce soit tout le contraire. Et pour trancher, l’examen clinique du patient par un médecin sera INDISPENSABLE. Car regarder dans une oreille, examiner les amygdales ou poser la main sur un ventre, ça ne se fait pas encore par webcam interposée !

C’est la raison pour laquelle, si nous sommes persuadés que les nouvelles technologies rendront demain d’immenses services, aux patients comme aux médecins, il ne faut jamais perdre de vue qu’elles doivent être au service de la médecine et non l’inverse. Ainsi, chez docadom, nous valorisons le déplacement de nos médecins au domicile et l’examen minutieux de chacun de nos patients dans la journée.

L’écoute, l’empathie et l’examen clinique de nos patients sont des valeurs fondatrices pour notre service.

La médecine s’apprend, se pratique et progresse auprès des patients. Et c’est ce que nous valorisons avec docadom.