Avoir le cœur brisé… Et si ce n’était pas juste une façon de parler ?

Au lendemain de la Saint-Valentin, il y a deux camps : Les gens en couple qui ont passé une soirée SOOO ROMANTIQUE et les célibataires « Nan mais moi, j’aime pas cette fête c’est SOOO COMMERCIAL » !

Mais derrière ce rejet, à première vue anodin et sans doute guidé par le célibat, se cache un syndrome souvent moqué et peu connu mais qui est bien réel : le syndrome du cœur brisé (aussi nommé « le Tako-Tsubo »). Et malheureusement non, ce n’est pas une blague ! C’est une réelle pathologie ! (Arrête de sourire, on te voit là ^_^). Elle toucherait même jusqu’à 2% de la population.

Décrites pour la première fois dans les années 1990 par des chercheurs japonais, les conséquences de cette maladie ont longtemps été négligées : les médecins pensaient que du fait de la nature psychologique de la cause, les dommages au cœur étaient voués à disparaître sur le long terme.

 

Concrètement qu’est-ce que c’est Le syndrome du cœur brisé ?

Le cœur brisé n’est pas une maladie réservée qu’aux seules âmes sensibles et romantiques.

Le syndrome du cœur brisé est une affection cardiaque temporaire souvent causée par un choc émotionnel (perte d’un être cher, rupture amoureuse, traumatisme, colère intense, peur panique, attentats…) associée à une fatigue intense (épuisement moral et physique). Cette maladie cardiaque se traduit par une sidération du ventricule gauche du cœur, qui s’arrête de fonctionner sur ordre du cerveau (et oui le cerveau prend – presque – toujours le contrôle !). Ce dernier, en interprétant un événement de grand stress, déclenche un phénomène de panique dans le cœur. Des quantités importantes d’hormones, dont l’adrénaline, sont libérées dans le sang et sidèrent le cœur. Ce qui provoque une insuffisance cardiaque et se manifeste par une douleur thoracique, une sensation d’oppression, des difficultés respiratoires…. La première chose à laquelle on pense en cas de douleur thoracique, c‘est effectivement à l’infarctus du myocarde. Mais on sait aujourd’hui qu’il existe d’autres causes, comme le syndrome de tako-tsubo.

Les femmes en sont les premières victimes car leurs artères, particulièrement sensibles aux effets du stress, sont plus facilement victime de spasmes.

 

Reconnaitre les signes ?

Les signes de ce syndrome peuvent apparaitre à peine quelques minutes après une situation stressante et ressemblent particulièrement à ceux d’une crise cardiaque :

  • Forte douleur thoracique
  • Essoufflement
  • Battements irréguliers du cœur (Arythmie)
  • Choc cardiogénique (incapacité du cœur à pomper suffisamment de sang pour répondre aux besoins de l’organisme). L’impact des hormones du stress étourdit les cellules du cœur, entrainant leur dysfonctionnement. Ces effets disparaissent généralement en quelques jours ou au plus tard en quelques semaines et ne causent pas de dommages cardiaques durables.
  • Évanouissement et vertiges
  • Pression artérielle faible
  • Infarctus (dans les cas extrêmes)

Ce syndrome nécessite un diagnostic rapide pour éviter des répercutions graves pour le cœur et permettre une prise en charge adaptée. L’appel du 15 est primordial comme dans l’infarctus du myocarde.

Il n’existe pas de traitement. La paralysie s’en va d’elle-même en quelques jours, et le patient, qui reste hospitalisé au moins trois jours, se rétablit intégralement en une à trois semaines.

 

Quels examens effectuer ?

Les examens ont pour but de distinguer le syndrome du cœur brisé de l’infarctus du myocarde, l’un et l’autre partageant les mêmes symptômes.

  • Un électrocardiogramme (ECG) ;
  • Une prise de sang pour déceler les valeurs anormales ;
  • Une échocardiographie qui permet d’observer le cœur par l’émission d’ultrasons ;
  • Une angiographie coronaire qui a pour but de localiser des rétrécissements dans les artères coronaires ;
  • Une IRM qui confirme le diagnostic en démontrant qu’il n’y a pas de lésion, mais bien une paralysie

L’IRM et l’angiographie coronaire sont complémentaires dans le diagnostic différentiel du Syndrome du cœur brisé.

 

Quel est le profil des victimes du cœur brisé ?

Il y a souvent un terrain favorable : dans la moitié des cas, cela concerne des natures angoissées. Il touche surtout les femmes, qui représentent 9 cas sur 10, et dans 80% des cas des femmes de plus de 50 ans. Chez l’homme, les manifestations sont toutefois plus violentes, car elles résultent de facteurs plus souvent physiques qu’émotionnels, type choc, agression ou AVC… Les symptômes, en revanche, sont les mêmes, que l’on soit une femme ou un homme.

Apprendre à gérer son stress et utiliser des méthodes de relaxation restent les meilleures des façons pour prévenir ce symptôme ou du moins en réduire les effets.

 

« Dans ce monde, quand une douleur disparaît, une joie renaît. Toutes s’équilibrent. » Albert Camus