Je suis ton père…

Pendant de nombreuses années, l’éducation des enfants était quasi exclusivement l’affaire de la mère. Mais aujourd’hui l’homme a davantage sa place dans la vie de famille avec l’émancipation des femmes et le fait qu’elles sont beaucoup plus actives (professionnellement parlant) qu’au siècle dernier. Alors quels sont les combats que mènent ces pères ? Quid du dad power ?

 

La figure paternelle

Le père est porteur de l’autorité. Il introduit la loi sociale et familiale. Il a ainsi une image plus dure et sévère, raison pour laquelle les enfants disent se sentir souvent plus proches de leur mère. Mais ce n’est pas toujours le cas !

Le père est garant de la protection de sa famille, représentant ainsi un modèle pour le petit garçon et une référence masculine pour les filles.

 

Le congé parental

En France, le congé maternité peut durer de 16 semaines (6 semaines avant la naissance du bébé et 10 semaines après) à 46 semaines, ce qui équivaut à 4 à 11,5 mois. La durée du congé maternité dépend du nombre d’enfants que la femme a déjà eu ainsi que d’une éventuelle grossesse multiple. Tandis que la durée du congé paternité est seulement de 11 jours pour la naissance d’un enfant et de 14 jours pour la naissance de jumeaux, triplés ou plus.

Mais qu’en est-il dans les autres pays ? La Suède est le pays qui bénéficie du plus grand congé parental au monde : 480 jours, répartis entre les deux parents. Idem pour l’Espagne et l’Islande qui disposent respectivement de 112 jours (soit presque 4 mois) et 90 jours (soit 3 mois). En Norvège la mère s’arrête plus longtemps (315 jours) que le père (112 jours).

La majorité des autres pays européens ont des congés parentaux identiques à ceux de la France : entre 10 à 15 jours pour les hommes et une centaine de jours pour les femmes.

Cependant, si le père et la mère sont en congé parental en même temps, c’est souvent d’avantage la mère qui s’occupe de l’enfant, le père a donc parfois du mal à trouver sa place dans les premiers jours et premières semaines. Charge à ces messieurs de prendre leur rôle à pleine main, mais aussi à ces dames d’accepter de faire, dès les premiers instants, une réelle place à leur conjoint.

Ainsi, le Canada a trouvé la solution. En effet, les mères et pères canadiens peuvent se partager 86 semaines de congés parentaux. Cela permet à chacun des parents de bénéficier pleinement de leur enfant et d’éviter ainsi des frais de nourrice. Malins ces canadiens ! 😜

 

La garde des enfants après un divorce

Seuls 12% des enfants issus de parents divorcés sont confiés à leur père. Contre 71% à leur mère. Les 17% restant résident une semaine chez l’un et une semaine chez l’autre.

Et en plus des discriminations de notre système judiciaire, le père est aussi confronté aux demandes de pensions alimentaires.

Il faut savoir que les modalités de fréquence du droit de visite et d’hébergement ne sont pas fixées par la loi : elles sont étudiées au cas par cas (en fonction de l’âge de l’enfant, du domicile des parents, etc.). Mais en général l’enfant vit la semaine chez un parent et passe un week-end sur deux ainsi que la moitié des vacances scolaires chez son autre parent.

Ce mode de garde offre une stabilité de lieu aux enfants. Mais cette stabilité apparente se construit au détriment du sentiment d’injustice du parent ne disposant pas de la majorité de la garde.

Alors pourquoi la garde principale est-elle majoritairement attribuée aux mères ? Tout d’abord car c’est un choix des parents eux-mêmes (dans 80% des cas il n’y a pas de désaccord). En cas de conflit, les juges donnent souvent la garde à leur mère car ils considèrent (à tort ?) que les enfants ont davantage besoin de leur mère. Alors que les psychologues affirment de leur côté que les enfants ont autant besoin de leur père que de leur mère.

 

 

« Dans une prochaine vie, papa, j’aimerais te reprendre comme père. » Bernard Werber